Derrière chaque programme, chaque activité et chaque geste posé au Y des femmes de Montréal, il y a des bénévoles engagés qui contribuent concrètement à faire une différence dans la vie des femmes et des familles que nous accompagnons.
Au sein de la Clinique d’information juridique, des avocates et des avocats bénévoles mettent leur expertise au service des femmes. Grâce à leur écoute et leur expérience, ces professionnelles et professionnels contribuent à lever les obstacles à l’accès à la justice.
Cette semaine, nous mettons en lumière Ruth-Esther Kouamé, avocate en droit de la famille, dont l’engagement est profondément ancré dans le vécu et la réciprocité. Ayant elle-même bénéficié, plus jeune, du soutien du Y des femmes, elle s’implique aujourd’hui pour redonner à un organisme qui a marqué son parcours. Pour elle, l’accès à la justice ne se limite pas aux ressources financières ou à l’information : il peut aussi être freiné par « la peur, le stress ou certaines dynamiques de pouvoir », autant de réalités qu’elle cherche à atténuer par sa présence et son accompagnement.
Découvrez son portrait.
Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir bénévole au Y des femmes ?
Je suis avocate au Québec, avec une pratique principalement axée sur le droit de la famille. Ce qui m’a motivée à devenir bénévole au Y des femmes, c’est avant tout mon histoire personnelle. Plus jeune, j’ai moi-même pu bénéficier de leurs services. Cet accompagnement a eu un impact réel sur mon parcours, tant sur le plan personnel que dans mon choix de carrière. Aujourd’hui, m’impliquer comme bénévole représente pour moi une façon de redonner à un organisme qui m’a énormément apporté. Pour moi, le bénévolat est une façon concrète de mettre mes compétences au service de celles qui en ont le plus besoin, en dehors d’un cadre strictement professionnel.
Qu’est-ce que votre bénévolat vous apporte dans votre vie professionnelle et/ou personnelle ?
Le bénévolat m’apporte une perspective différente sur la pratique du droit. Il me permet de rester connectée aux réalités vécues par les femmes sur le terrain, au-delà des dossiers formels. Cela enrichit ma compréhension des enjeux humains derrière les situations juridiques. Sur le plan personnel, c’est aussi très valorisant de pouvoir contribuer de manière utile et d’avoir un impact tangible.
Quel(s) est/sont les principaux obstacles à l’accès des femmes à la justice que vous avez pu constater ?
Plusieurs obstacles ressortent. D’abord, les contraintes financières, qui limitent fortement l’accès à une représentation juridique. Ensuite, le manque d’information : beaucoup de femmes ne connaissent pas leurs droits ou les recours disponibles. Il y a aussi des obstacles plus subtils, comme la peur, le stress lié au système judiciaire, ou encore les dynamiques de pouvoir dans certaines relations, qui peuvent freiner les démarches. Enfin, la complexité des procédures peut décourager même les personnes les plus motivées.
Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à donner de son temps comme bénévole au Y ?
Je lui dirais que chaque contribution compte, peu importe, le temps qu’on peut y consacrer. Le bénévolat ne demande pas d’être parfait, mais simplement d’être présent et engagé. C’est une expérience profondément enrichissante, qui permet non seulement d’aider les autres, mais aussi de grandir soi-même. Et surtout, c’est une façon concrète de faire une différence.
