Derrière chaque programme, chaque activité et chaque geste posé au Y des femmes de Montréal, il y a des bénévoles engagés qui contribuent concrètement à faire une différence dans la vie des femmes et des familles que nous accompagnons.
Au sein de la Clinique d’information juridique, des avocates et des avocats bénévoles mettent leur expertise au service des femmes. Grâce à leur écoute et leur expérience, ces professionnelles et professionnels contribuent à lever les obstacles à l’accès à la justice. Cette semaine, nous mettons en lumière Natan Bidron, qui place l’humain au cœur de la justice. « Le bénévolat me ramène à l’essentiel. Il me rappelle que derrière chaque dossier, il y a une personne, une histoire, une réalité souvent plus complexe que ce que le droit seul peut capter », partage l’avocat.
Découvrez son portrait.
Présentez-vous en quelques mots :
Je suis un avocat qui place l’humain au cœur du droit. Mon parcours personnel, marqué par l’immigration, m’a appris très tôt ce que signifie évoluer dans un système dont on ne maîtrise pas encore les codes.
Originaire de Belgique, j’ai fait le choix de m’établir au Québec en 2021, où j’ai dû m’adapter à un nouvel environnement juridique, une nouvelle culture et de nouveaux repères. Cette expérience a profondément influencé ma façon de pratiquer : elle m’a appris à écouter autrement, à vulgariser et à comprendre les enjeux au-delà du strict cadre juridique.
Aujourd’hui, j’exerce principalement en litige civil et commercial, en droit municipal ainsi qu’en immigration économique. Mon parcours académique, réalisé entre l’Université de Namur (bachelier) et l’Université catholique de Louvain (maîtrise) en Belgique, puis l’Université de Montréal où j’ai complété mon équivalence, combinée à des expériences variées allant du droit de l’entreprise et du droit du sport jusqu’au litige civil et au droit de l’immigration, m’a permis de développer une approche du droit à la fois rigoureuse, stratégique et accessible.
Qu’est ce qui vous a motivé à devenir bénévole au Y des femmes ?
Ce qui m’a motivé, c’est avant tout une question de responsabilité. Être avocat, c’est un privilège immense. Nous avons accès à un langage, à des outils et à un système qui peuvent être intimidants, voire inaccessibles pour plusieurs.
J’ai aussi grandi dans une famille monoparentale, où ma mère assumait un rôle central. Cela m’a sensibilisé très tôt aux réalités que peuvent vivre certaines femmes, notamment lorsqu’elles doivent faire face seules à des situations complexes.
S’impliquer au Y des femmes, c’est donc une façon concrète de redonner. De mettre mes compétences au service de celles qui, autrement, n’auraient peut-être pas accès à l’information ou à l’accompagnement dont elles ont besoin. À mon échelle, c’est contribuer à rétablir un certain équilibre.
Qu’est-ce que votre bénévolat vous apporte dans votre vie professionnelle et/ou personnelle ?
Le bénévolat me ramène à l’essentiel. Il me rappelle que derrière chaque dossier, il y a une personne, une histoire, une réalité souvent plus complexe que ce que le droit seul peut capter.
Sur le plan personnel, cela m’ancre dans une réalité humaine qui donne du sens à ma pratique.
Sur le plan professionnel, cela m’oblige à rester accessible, à vulgariser, à adapter mon discours et à ne jamais perdre de vue que le droit doit être compris pour être réellement utile.
Quel(s) est/sont les principaux obstacles à l’accès des femmes à la justice que vous avez pu constater ?
Les obstacles ne sont pas uniquement financiers même s’ils sont bien réels. L’accès à la justice est aussi freiné par la complexité du système, le manque d’information, et parfois une forme d’intimidation face aux institutions.
Mais au-delà de cela, il y a des réalités plus profondes : la dépendance économique, l’isolement, certaines situations de violence ou de vulnérabilité. Dans ces contextes, entreprendre des démarches juridiques peut sembler insurmontable. C’est précisément là que des organismes comme le Y des femmes deviennent essentiels.
Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à donner de son temps comme bénévole au Y ?
Je lui dirais que l’impact est bien plus grand qu’on ne l’imagine. Il ne s’agit pas de changer le monde en une journée encore moins en 30 minutes, mais parfois simplement de changer une trajectoire.
Donner de son temps, c’est offrir un accès, une écoute, une compréhension. Et c’est aussi recevoir énormément en retour. On en ressort avec une perspective différente, plus humaine, plus nuancée et, je crois, plus juste.
