Derrière chaque programme, chaque activité et chaque geste posé au Y des femmes de Montréal, il y a des bénévoles engagés qui contribuent concrètement à faire une différence dans la vie des femmes et des familles que nous accompagnons.
Au sein de la Clinique d’information juridique, des avocates et des avocats bénévoles mettent leur expertise au service des femmes. Grâce à leur écoute et leur expérience, ces professionnelles et professionnels contribuent à lever les obstacles à l’accès à la justice.
Cette semaine, nous mettons en lumière Leila Sadeg, une avocate passionnée par les dossiers familiaux comportant une dimension transfrontalière. Son parcours dans le bénévolat est motivé par la progression des droits des femmes. « Une femme bien informée de ses droits est davantage outillée pour les faire valoir et se protéger », souligne-t-elle.
Découvrez son portrait.
Présentez-vous en quelques mots :
Je suis avocate, membre du Barreau du Québec depuis 2011. J’ai fait mes études en droit à l’Université de Montréal, puis j’ai eu l’occasion d’effectuer un stage à Genève, au sein du Bureau international du travail, une agence des Nations Unies.
Je pratique principalement en droit familial depuis 2012. En 2020, j’ai fondé le cabinet Jurinovo Avocats, où j’accompagne une clientèle dans des dossiers souvent complexes et sensibles. En 2021, j’ai eu l’honneur de recevoir le prix du Jeune Barreau de Montréal « Avocate de l’année en droit familial ».
Je suis particulièrement passionnée par les enjeux de justice sociale et les dossiers familiaux comportant une dimension transfrontalière, touchant à la fois le droit international public et privé. J’ai également développé une expérience en droit de l’immigration et dans les problématiques qui touchent les personnes immigrantes au Canada.
Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir bénévole au Y des femmes ?
Ma motivation première est le désir de contribuer concrètement à la communauté en mettant à profit mon expérience professionnelle.
Les besoins en droit familial sont considérables, et les enjeux familiaux touchent, de près ou de loin, une grande partie de la population. Par ailleurs, la question de l’accès à la justice demeure un défi important, notamment en raison du décalage entre les honoraires juridiques et le pouvoir d’achat de nombreux justiciables.
Le bénévolat représente pour moi une façon de démocratiser l’accès à une information juridique essentielle, particulièrement pour les personnes qui traversent des périodes difficiles comme une séparation ou un divorce.
Enfin, je souhaite contribuer à l’avancement des droits des femmes. Une femme bien informée de ses droits est davantage outillée pour les faire valoir et se protéger.
Qu’est-ce que votre bénévolat vous apporte dans votre vie professionnelle et/ou personnelle ?
Mon implication bénévole me procure un profond sentiment d’accomplissement, en me donnant l’impression de contribuer à une œuvre qui dépasse ma pratique professionnelle quotidienne.
Dans le cadre de mon travail, je suis régulièrement confrontée à des réalités difficiles, telles que la violence conjugale, les inégalités et la vulnérabilité de certaines femmes. Ces problématiques demeurent malheureusement très présentes dans notre société.
Il est donc essentiel que des organismes comme le Y des femmes existent pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables. Pouvoir y contribuer constitue à la fois une richesse et un privilège sur le plan personnel et professionnel.
Quel(s) est/sont les principaux obstacles à l’accès des femmes à la justice que vous avez pu constater ?
Parmi les principaux obstacles, je constate d’abord un manque important d’information juridique. Plusieurs femmes ne connaissent pas leurs droits ou ne savent pas vers quelles ressources se tourner.
Il existe également de nombreuses fausses croyances entourant les avocats et le système judiciaire, ce qui peut décourager certaines personnes d’entreprendre des démarches.
Enfin, la question financière demeure un enjeu majeur. Les honoraires des avocats peuvent être difficiles à assumer pour certaines, et l’accès à l’aide juridique est parfois limité. Certaines femmes se retrouvent dans une situation où leurs revenus sont trop élevés pour être admissibles à l’aide juridique, mais insuffisants pour assumer les coûts du secteur privé.
Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à donner de son temps comme bénévole au Y ?
Je dirais qu’il s’agit d’une expérience très valorisante sur le plan professionnel et personnel. Donner de son temps pour le bien de la communauté permet de redonner un sens profond à notre pratique.
Dans une profession où les horaires sont souvent chargés et les responsabilités nombreuses, cet aspect est parfois mis de côté. Pourtant, dégager ne serait-ce que quelques heures par mois peut avoir un impact réel.
Le bénévolat contribue non seulement à améliorer l’accès à la justice pour les femmes, mais permet aussi de se reconnecter aux valeurs fondamentales de la profession. Dans certaines juridictions, la pratique du « pro bono », c’est-à-dire le fait d’offrir des services juridiques gratuitement, est d’ailleurs fortement encouragée, voire recommandée par certaines associations d’avocats.
