Beaucoup a été dit au sujet de la décision des Canadiens de Montréal de repêcher Logan Mailloux malgré le fait qu’il ait commis un crime sexuel. Ce qui n’a PAS été dit – encore moins admis -, par les dirigeants du Groupe CH, c’est que l’organisation elle-même a besoin d’être éduquée et sensibilisée au sujet des violences faites aux femmes, pas seulement le jeune défenseur. Ce qu’on n’a PAS vu, c’est une réelle introspection sur comment se fait-il qu’en 2021, l’organisation ait pu faire ce choix désastreux? Comment se fait-il qu’en 2021, le Groupe CH ait envoyé un signal non équivoque que le hockey est plus important que l’enjeu majeur de la violence faite aux femmes?
Dans les réponses et excuses offertes, dans le refus même de reconnaître que le geste posé constitue un crime sexuel, il n’y a rien qui témoigne d’une prise de conscience de l’organisation elle-même sur sa propre ignorance, insensibilité et incompréhension. En fait, dans les actions proposées, tout est dirigé vers la réhabilitation du jeune hockeyeur et la sensibilisation des jeunes. Comme si le Groupe CH et la Sainte-Flanelle, eux, n’avaient rien à se reprocher.
Comme le dit si bien Geoff Molson, les Canadiens de Montréal sont beaucoup plus qu’un club de hockey. Ils sont un symbole de fierté. Toutefois, être – et demeurer – un symbole de fierté comporte des responsabilités et des obligations; dans ce cas-ci, le groupe n’a pas été à la hauteur.
Au-delà de maintenir ou pas le contrat avec Logan Mailloux, il y a lieu de demander si le Groupe CH entreprendra lui aussi, en tant que citoyen corporatif, en tant que symbole de fierté, fabrique de rêve et de modèles, un processus interne d’éducation sur l’enjeu des violences faites aux femmes, et ce, à tous les paliers de l’organisation? Est-ce que le Groupe CH est prêt à entreprendre cette démarche en profondeur et à débuter la transformation de la planète hockey? Il y a de nombreux organismes spécialisés dans la prévention des violences faites aux femmes qui sont en mesure d’offrir cette éducation, cette formation.
Finalement, pour débuter ce processus d’introspection, il y a lieu de poser la première question : « Si la victime avait été votre fille, messieurs, auriez-vous pris la même décision? »
