En prévision du Grand Prix de Montréal qui aura lieu du 8 au 10 juin 2018, le Y des femmes de Montréal pose des actions concrètes pour sensibiliser le public à la question de l’exploitation sexuelle pendant cet événement. En effet, le Y des femmes s’allie au comité « Un trop Grand Prix »* qui lance aujourd’hui la campagne 2018 intitulée Un trop grand prix pour les femmes et les filles afin de sensibiliser les jeunes femmes de 15 à 18 ans au recrutement dans l’industrie du sexe en amont du Grand Prix de Formule 1 de Montréal.
« On le sait que la prostitution et le recrutement dans l’industrie du sexe sont des enjeux qui touchent les jeunes. On l’a vu notamment avec l’écho qu’a eu l’émission Fugueuse – tant auprès des jeunes que de leurs parents – et on le constate malheureusement dans nos organismes » explique Éliane Legault-Roy, porte-parole du comité. Les membres, qui travaillent toutes au quotidien en prévention et en intervention auprès des femmes et des filles victimes ou à risque d’être victimes d’exploitation sexuelle, ont donc choisi de s’adresser à celles-ci directement, d’une façon originale qui, elles l’espèrent, résonnera davantage auprès d’elles que les campagnes plus traditionnelles.
Utiliser les réseaux sociaux pour sensibiliser les 15-18 ans
La campagne se déploie à compter d’aujourd’hui et jusqu’à la fin du Grand Prix, sur les plateformes Facebook, Instagram et Snapchat sous le nom @untropgrandprix. Ces comptes, qui diffuseront un contenu « humoristique » renvoient tous à un site web : untropgrandprix.com contenant les coordonnées d’organismes pouvant venir en aide aux jeunes femmes qui sont déjà dans l’industrie, qui ressentent de la pression de leurs pairs ou qui s’inquiètent d’une amiE. La campagne vise à rappeler que l’industrie du sexe, ce n’est pas « de l’argent facile » ou un « job comme un autre » et que ce n’est surtout pas de l’amour, le tout sur un ton léger et propre au partage sur les réseaux sociaux fréquentés par les jeunes. L’objectif est aussi que les jeunes femmes sachent que des ressources sont là pour les informer et les soutenir.
L’exploitation sexuelle, un enjeu au cœur de nos actions
L’enjeu de la sécurité et des violences faites aux femmes et aux filles est fondamental et au cœur de l’action du Y des femmes depuis sa création en 1875. À l’époque, l’organisme accueillait sur les quais des gares les jeunes femmes venues de la campagne pour travailler afin de les aider à trouver un toit et un emploi sécuritaires. Si les lieux ont changé, l’enjeu demeure le même. Les stations de métro, les écoles, les centres jeunesse, les réseaux sociaux et les centres commerciaux sont tous des terreaux fertiles pour les recruteurs dont les tactiques sont dangereusement efficaces.
En 2017, le site web untropgrandprix.com a été créé et des affiches ont été distribuées dans des lieux fréquentés par les jeunes à Montréal, tels que les carrefours-jeunesse emploi (CJE), les centres jeunesse, les cliniques de santé sexuelle et les maisons de jeunes. La campagne s’adressait directement aux personnes à risque d’être recrutées par des proxénètes et proposait des messages les aidant à décoder les offres frauduleuses (On t’a offert un job super payant « le temps du weekend »? ou On t’a proposé d’être hôtesse ou escorte?) et à démystifier le message que ces offres sous-tendent (Peu importe qu’on dise «hôtesse», «escorte», «masseuse érotique» ça reste de l’exploitation sexuelle et ça peut avoir d’importantes conséquences sur ta vie). La campagne a donné des résultats concrets et a grandement atteint ses objectifs de sensibilisation auprès des femmes et des filles à risque tout en captant l’intérêt des médias et, par ricochet, du grand public.
En 2016, la campagne Acheter du sexe n’est pas un sport, mise en place par un comité dont faisait partie le Y des femmes de Montréal et financée par le Secrétariat à la condition féminine, avait été largement diffusée. Depuis, le Y des femmes procède à une recherche-action intitulée Agissons ensemble contre l’exploitation sexuelle, financée par Condition féminine Canada. Le projet vise à contrer l’exploitation sexuelle des filles en s’attaquant aux obstacles institutionnels et en mobilisant des partenaires dans la mise en œuvre de changements institutionnels au sein des milieux scolaires et communautaires. Un rapport d’évaluation, un guide de ressources, des outils et un plan d’action ont été créés et peuvent être consultés sur la page Agissons ensemble contre l’exploitation sexuelle.
Consultez le site web untrograndprix.com et les comptes Facebook, Instagram et Snapchat de la campagne et contribuez à sensibiliser les femmes et les filles en partageant et en taggant les memes sur les médias sociaux!
Télécharger le communiqué de presse (.pdf) / Tous les communiqués de presse
*Le comité Un trop Grand Prix est formé de la CLES (Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle), la Maison d’Haïti, le Y des femmes de Montréal, Prévention jeunesse Laval et Longueuil et le CATHII (Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale).
